La mise à la terre d'un panneau solaire relie toutes les parties métalliques de l'installation, cadres, rails et coffrets, à la prise de terre du bâtiment. Elle protège les personnes en cas de défaut d'isolement et contribue à la protection contre la foudre ; elle fait partie des points vérifiés lors du contrôle de conformité.
La mise à la terre des panneaux solaires protège l'installation et les personnes contre les défauts d'isolement et la foudre. La norme NF C 15-100 impose le raccordement de tous les cadres métalliques (panneaux, rails, onduleur) à la prise de terre du bâtiment. Un défaut d'isolement non détecté peut provoquer un incendie ou une électrocution.
À quoi sert la liaison équipotentielle ?
Les panneaux produisent du courant continu dès qu'ils reçoivent de la lumière, et il est impossible de les éteindre. Si un câble s'abîme et touche un cadre métallique, ce cadre peut se retrouver sous tension. La liaison équipotentielle relie tous les éléments conducteurs entre eux et à la terre, pour qu'aucune différence de potentiel dangereuse n'apparaisse entre deux pièces que l'on pourrait toucher en même temps. Elle facilite aussi l'écoulement des surtensions induites par la foudre vers le sol, en complément du parafoudre. Les règles propres aux installations photovoltaïques sont précisées dans le guide UTE C 15-712, qui complète la norme générale des installations électriques.
Câble et section recommandés
Le conducteur de protection (câble vert-jaune) doit avoir une section minimale de 6 mm² pour une installation résidentielle. Si le câble de terre mesure plus de 20 mètres, passez à 10 mm². Utilisez du câble rigide H07V-R ou du câble souple H07V-K serti avec des cosses à œil. Raccordez chaque cadre de panneau au rail de montage, puis le rail au câble de descente vers la barrette de terre.
Les connexions entre cadres et rails utilisent des pièces adaptées, souvent des rondelles ou griffes de mise à la terre qui percent l'anodisation de l'aluminium pour assurer un bon contact. Un simple boulon serré sur un profilé anodisé ne garantit pas la continuité électrique. Le parcours du câble de descente doit être le plus direct possible, sans boucles inutiles.
Installation du piquet de terre
Si la résistance de terre existante dépasse 100 ohms, ajoutez un piquet de terre en cuivre ou en acier cuivré de 1,50 m enfoncé dans le sol humide. Mesurez la résistance avec un telluromètre (disponible en location chez les loueurs de matériel). La valeur doit rester inférieure à 100 ohms pour assurer le déclenchement du différentiel en cas de défaut.
- Section câble de terre : 6 mm² (moins de 20 m) ou 10 mm²
- Résistance de terre cible : moins de 100 ohms
- Piquet de terre : 1,50 m en cuivre ou acier cuivré
- Norme applicable : NF C 15-100
Le parafoudre DC (type 2) installé entre les panneaux et l'onduleur protège contre les surtensions atmosphériques. Il se raccorde à la même prise de terre que les cadres. Son installation est obligatoire si le bâtiment se situe dans une zone AQ2 (foudroiement fréquent) ou si les panneaux sont installés en toiture au-dessus de 10 mètres.
Contrôle de conformité et entretien
Une installation raccordée au réseau doit faire l'objet d'une attestation de conformité visée par le Consuel avant sa mise en service : la continuité de la terre, la présence des protections et l'étiquetage y sont contrôlés. Par la suite, une vérification périodique des connexions, qui peuvent se desserrer ou s'oxyder avec les cycles de chaleur et de froid, est recommandée, de même qu'un contrôle du parafoudre après un orage violent. Ces opérations sur une installation électrique relèvent d'un professionnel qualifié. Pour vérifier le bon fonctionnement des panneaux eux-mêmes, la page sur le test d'un panneau solaire au multimètre décrit les mesures de base, et celle sur le régulateur MPPT ou PWM aide à choisir les autres composants d'une installation autonome.
